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lundi 24 mai 2010

Le Galbanum, ou le "magnus" retour d'une note verte

Le galbanum est de ces matières qui sont utilisées depuis un petit brin de temps en parfumerie. Il faut dire que son profil vert résineux s’accorde tellement bien avec les accords chyprés traditionnels. C’est que le bonhomme avait la cote dans les années 40 puis 70, avec des parfums comme Miss Dior (47) ou Vent Vert de Balmain (47), puis Drakkar de Guy Laroche (le prédécesseur de Drakkar noir, créé en 72 et aujourd’hui disparu), Cristalle de Chanel (74) et Chanel 19 (70) ou encore Chamade de Guerlain (69).
Là où on le retrouve ? Dans les chyprés certes, mais aussi dans les floraux verts, entre autres pour des reconstitutions de jacinthe, ou dans les boisés pour les masculins.
Comment le reconnaître ? Déjà par son petit côté vert résineux, mais aussi par son petit côté terpénique, et parfois même par une petite note ‘aillée’. Pour la note résineuse de la matière, rien d’étonnant: c’est la résine de la racine que l’on utilise pour extraire l’essence. Empreinte verte, fugace mais intense. Voilà une matière un peu unique en son genre, qui marque la mémoire olfactive.
Et voilà qu’après plusieurs années d’absence, Mr le Galbanum revient dans des accords nettement plus frais et transparents. A Scent d’Issey Miyake, Eau de Fleur de Capucine de Chloé et Untitled de Maison Martin Margiela en sont les derniers exemples. Des parfums axés plutôt vers un marché de niche, et au mix marketing assez minimaliste : packaging sobre, visuel publicitaire se limitant à un packshot... Cette note verte serait-elle perçue comme difficile d’accès pour un large public?

Et pourtant, ces compositions changent un brin des structures habituelles qui habillaient le galbanum, même si elles peuvent rappeler des accords assez classiques en termes de fraîcheur verte et citrus.  
Voilà une matière première qui ne demanderait qu'à gagner en accessibilité dans un sillage plus doux et caressant. Un peu comme l’incarnation olfactive d’une fée végétale, d’un cocon vert. Un univers à développer qui me ferait un peu penser à celui de la chanteuse Emilie Simon... Car oui, c’est bien d’une nature rassurante et bienveillante dont on a besoin.




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